LE DOSSIER DU JOUR

La Géorgie

La maison natale de Staline existe toujours à Gori. Elle est enchâssée dans un musée en marbre. Les habitants de Gori sont très fiers de Staline et ses crimes sont minimisés, voire niés....

Quant à Boutroul et l'Académie ossétienne......°°

 

 

 

La mini guerre qui s'est déroulée en Géorgie (Août 2008) a pour raison directe la volonté des Abkhazes et des Ossètes de se débarasser de la tutelle de l'Etat géorgien. Toutes ces crises ont des origines historiques, Dans le cas de l'Ossétie, on pourrait même remonter aux invasions barbares qui ont secoué le continent européen depuis le règne de Charlemagne...

 A Propos des Ossètes

 

The Ossetians are descended from the Alans, a Sarmatian tribe that was pushed out of the plains and into the foothills of the Caucasus in the 4th c. They were pushed further back into the mountain gorges by Tatar and Mongol invaders. Ossetians who remained on the north slope of the Caucasus range, lived in perpetual conflict with the Kabards, who came to convert the Digor Ossets to Islam. Ossetians who migrated to the south slope have retained their language and culture in medieval and modern Georgia.

During the reign of Catherine II, Russian imperial expansion reached the Caucasus. The Ossetians welcomed the Russians, since they offered protection from the Kabards and actually permitted Ossetians to resettle on the plains. From 1774, when North Ossetia was absorbed into Russia, Russian policy has always been to cultivate the Ossetians, the only Christians in a sea of hostile Muslim mountain tribes.

North Ossetia’s economy was transformed by industrialisation and urbanisation in th 19th c., because of its reserves of natural resources (Zinc, lead, natural gas). The railroad from the oil boomtown of Baku passed through Ossetia, and a branch line reached Vladikavkaz, today the capital of North Ossetia.

During the Civil War years after the 1917 revolution, there was fighting in Ossetia between Bolsheviks, Mensheviks and counter-revolutionary armies under Gen. Anton Denikin. According to Soviet history at least, the majority of the Ossetians helped the Bolsheviks.

In 1922, a South Ossetian Autonomus Oblast (AO), was carved out of Georgia, whereas a North Ossetian AO was created within Russia in 1924 as the failed « Autonomous Mountain Soviet Socialist Republic » was split up. In 1925, North and South Ossetia made efforts to unite, signing a petition to Stalin.

The Bolshevik policy in Ossetia had a main goal of eliminating clan warfare and other « feudal practices », and were moderately successful. But still, in the 1930s, Ossetians used Stalin’s purges to carry on old vendettas.

 

 

MON AMÉRIQUE À MOI •  Le jour où j'ai visité le musée Staline, à Gori
Pas moi, il s'agit du dessinateur américain Danziger (il n'est pas triste...ses cartoons sont souvent spirituels). Ce texte est intéressant car il montre que la question géorgienne ne date pas de 2008 (!) 
 

Dans les années 1990, le dessinateur Jeff Danziger a accompagné un convoi de la Croix-Rouge à travers la Géorgie, jusqu'à Gori et l'Abkhazie. Le récent conflit russo-géorgien a ravivé ses souvenirs.

Première partie

Vers la fin des années 1990, je me suis rendu avec la Croix-Rouge dans des régions qui sortaient d'un conflit armé, dans le cadre d'une mission visant à vérifier si la convention de Genève avait été respectée pendant les combats. J'étais là en tant qu'illustrateur, car la Croix-Rouge a pour règle de ne pas emporter de caméras dans les zones de combat pour éviter à son personnel d'être accusé d'espionnage. Lors d'un de ces voyages, nous avons traversé la Géorgie jusqu'à Gori et l'Abkhazie.

Nous avons atterri à Tbilissi à 2 heures du matin, en provenance de Zurich. La ville avait l'air d'une pièce d'antiquité qui aurait été conservée pendant des décennies dans l'ambre du communisme. Dans les vieux quartiers, on trouvait encore des maisons en bois adossées les unes aux autres, tandis que, dans les banlieues, on trouvait des barres de HLM délabrées de l'époque soviétique. Sur une place du centre-ville se dressait un hôtel tout en hauteur, nouvellement construit par une chaîne internationale. Il était rempli de réfugiés géorgiens chassés d'Abkhazie, l'une des nombreuses républiques de l'ex-Union soviétique qui étaient en guerre au début des années 1990. Pour Tbilissi, c'était un témoignage de la victoire remportée en 1992 par l'Abkhazie, qui avait renvoyé les malheureux Géorgiens dans leur capitale natale. Du linge séchait sur les balcons. L'hôtel était un taudis.

Après l'effondrement de l'Union soviétique, la Géorgie a revendiqué l'Abkhazie et tenté de la conserver par la force. Elle entendait également récupérer l'Ossétie du Sud, que les Russes tardent aujourd'hui à évacuer. Mais le conflit qui en a résulté est passé quasiment inaperçu en Occident, éclipsé par une nouvelle bien plus réjouissante : la fin du communisme. Les événements qui se déroulaient à l'arrière-plan ont ainsi été pernicieusement occultés, et des conflits d'ordre ethnique et nationaliste livrés dans la plus complète ignorance.

La Géorgie n'aurait pas tardé à remporter la guerre contre l'Abkhazie si celle-ci n'avait pas bénéficié du soutien de la Russie, elle-même confrontée à ses propres mouvements de rébellion, avec un Boris Eltsine contraint de lancer les troupes contre le Parlement. Après la fourniture de quelques chars d'assaut et de munitions, une bataille terrible et décisive s'est engagée dans le port de Soukhoumi, sur la mer Noire, d'où les Géorgiens et leur armée ont été chassés. La Géorgie s'est portée au secours de son peuple en lui envoyant une flottille improvisée, dans une mini-bataille de Dunkerque [avril 1940] tout aussi exaspérante qu'embarrassante.

Depuis l'époque des tsars, la stratégie de la Russie a toujours consisté à créer des troubles chez ses voisins et à se servir de ces déstabilisations comme d'un rempart. Sous le régime soviétique, cela s'est traduit par des invasions, mais dans la confusion qui a suivi son effondrement, le tracé des frontières russes, qui faisaient depuis des siècles l'objet de nombreuses querelles et rancœurs, a été révisé. Dans ce contexte chaotique, le président géorgien Edouard Chevardnadzé, ancien chef de la diplomatie soviétique, a commis de nombreux faux pas, qui n'ont fait qu'aggraver les choses et lui ont valu de multiples tentatives d'assassinat.

De Tbilissi, nous nous sommes rendus à Soukhoumi dans un petit convoi de Land-Cruiser de la Croix-Rouge internationale en faisant des arrêts à des avant-postes et à des postes de distribution de vivres. La Croix-Rouge est une bouée de sauvetage pour des centaines de milliers d'habitants de cette région, car les économies locales, mal gérées par les Soviétiques, sont en ruine. La plupart des pays d'Europe de l'Ouest disposent toujours de stocks de nourriture, en prévision d'une guerre ou d'une catastrophe. Quand ces denrées atteignent leur date de péremption, elles sont données à la Croix-Rouge. C'est sur ces réserves que les Géorgiens ont vécu jusqu'à ce que leur propre agriculture soit à nouveau productive.

Nous avons fait une pause à Gori, une ville sans intérêt et, dirais-je, sans humour du centre de la Géorgie. Il n'y a pas grand-chose à voir à Gori, hormis la maison-musée de son fils le plus illustre, Joseph Staline, qui s'est révélé un assassin hors norme. Située dans le centre-ville, la maisonnette est pourvue d'une assez jolie véranda et entourée d'un jardin. Les visiteurs sont moins nombreux qu'avant la perestroïka, et le magasin de souvenirs, pour autant que je m'en souvienne, n'avait en vente que trois porte-clés à l'effigie de Staline, que je me suis empressé d'acheter. D'un côté, on y voit le jeune "Jo" et, de l'autre, son visage plus connu, avec moustache et strabisme. Le musée possédait plusieurs souvenirs marquants de sa carrière, ses costumes militaires, une de ses voitures, ses médailles et, dans une salle, un buste sur velours rouge vaguement éclairé par une ampoule de 15 watts. Le jour de notre passage, il y avait aussi des élèves en voyage de classe qui riaient et se bousculaient, comme tous les enfants. Chaque enfant devait rendre hommage au génocidaire local, juste pour garder le sens de l'histoire. Ils avaient l'air plutôt heureux.

 

 

 

 

 

"La vallée de la Meuse, c'est beau, mais le Caucase

c'est plus vallonné"

            Amédée Puissengrain, explorateur Hesbignon 1899-1963